Le Lucas Museum : l'écrin onirique d'un monde féérique
Texte & photos (sauf mention) : Gabriel Joseph-Dezaize




...une vision organique de l'architecture que l'on retrouve dans trois réalisations spectaculaires de Ma Yansong : la Tour Unic à Paris (France), le Sheraton Huzhou Hot Spring Resort, à Huzhou dans la province du Zhejiang (Chine), et les Absolute Towers - ou Marylin Monroe Towers - à Mississauga (Canada) ©DR
Sans la vision de l'architecte chinois Ma Yansong, le Lucas Museum of Narrative Art qui a ouvert ses portes au public à Los Angeles le 22 septembre 2026, n'aurait sûrement jamais vu le jour. Ou, en tout cas, pas sous cette forme là. Une forme organique indescriptible qui joue avec son environnement en s'y insérant sans jamais l'agresser. Ma Yansong aborde en effet l’architecture à travers ses liens avec la culture, la société et la nature. Son obsession est de concevoir des espaces qui relient l’environnement, la communauté et l’individu. Depuis plus de deux décennies, son cabinet MAD - qui n'a de fou que le nom - poursuit une architecture qui allie une forme expressive à des recherches spatiales, cherchant à répondre aux besoins émotionnels et spirituels de la vie urbaine. L’Opéra de Harbin, la salle de concert de l’Orchestre philharmonique de Chine, la crèche YueCheng Courtyard, la gare de Jiaxing, le Parc des sports de Quzhou, le Musée des sciences de Hainan, le Tengyun, la place culturelle de la baie de Shenzhen et le centre culturel et artistique d’Anji en Chine ? C'est lui ! Etrange boulimie créative pour ce génie qui à créé son cabinet en 2004. Et qui, après avoir été prophète en son pays, est à la conquête de la planète... Les Absolute Towers au Canada, les résidences Unic en France, le Tunnel de lumière au Japon et – désormais depuis 2026 – le Lucas Museum of Narrative Art aux Etats-Unis, c'est encore lui. Et la liste n'est pas exhaustive.
Dans la vision de Ma Yansong, l'architecture ne se résume pas à un espace physique : elle doit refléter un lien entre les individus, les villes et la nature. Sous sa direction, MAD a acquis une reconnaissance internationale grâce à son langage architectural fluide et organique. Son travail s'étend également aux expositions, à l'édition, au design de produits et aux arts, croisant les disciplines et repoussant les limites de la réflexion architecturale. Ses trois piliers ? L'architecture, le design et l'art.

MAD explore ainsi notamment le rôle de l’architecture dans la culture contemporaine à travers des expositions, des publications et des œuvres d’art, notamment avec le projet « MAD X » qui s’est tenu au Centre Pompidou, à Paris, d’avril 2019 à avril 2020. Une exposition qui a fait l'objet d'un livre publié aux éditions HYX. Pourquoi avoir intitulé cette scénographie « MAD X » ? Parce que, si le chiffre romain « X » symbolisait alors les dix projets emblématiques de l'agence, il revêt aussi intrinsèquement pour Ma Yansong, une tout autre signification : l'inconnu et une passion pour l'exploration de nouveaux territoires. Un questionnement perpétuel pour l'architecte qui se demande ainsi : comment imaginer la ville du futur ? Dans son travail, le cabinet MAD qu'il a fondé s'efforce toujours de chercher à créer un équilibre entre l'être humain, la ville et l'environnement, en portant une attention particulière aux besoins spirituels et émotionnels des habitants, et à leur connexion avec la nature.
À Los Angeles, avec la naissance du Lucas Museum of Narrative Art, force est de reconnaître que cette mission est largement accomplie. Il faut imaginer que le vaisseau muséal qu'il a imaginé et qui est sorti de terre est né d'une simple esquisse : celle d'un nuage. Lorsque, après avoir visité le site qui pourrait héberger le futur musée, il a présenté ce dessin surgi d'une fugace observation des lieux à George Lucas, ce dernier lui aurait simplement dit : « Faisons-le ». On n'aurait pas fait mieux et si vite pour convaincre le maître du 7è art nourri par le monde des images...
Lors de l'inauguration du Lucas Museum of Narrative Art, nous avons navigué avec délice dans ce bâtiment - pardons - ce nuage. Un nuage dont nous avons tout autant admiré les oeuvres qu'il hébergeait que les courbes fluides se son architecture offertes à notre regard. Alors, en voici quelques volutes...





Trois ascenseurs transparents propulsent les visiteurs en haut du musée à la découverte d'une partie de l'immense collection de George Lucas. ©Courtesy Lucas Museum of Narrative Art. Photos : Hufton Crow


Vues partielles du musée : une vision de l'architecture morphique de Ma Yansong. ©Courtesy Lucas Museum of Narrative Art. Photos : Hufton Crow.




L'architecture de Ma Yansong joue sur des courbes douces, organiques, oniriques et fluides. ©Courtesy Lucas Museum of Narrative Art. Photos : Iwan Baan.


...et dans le parc du musée observer des sculptures qui fascinent George Lucas. ©Courtesy Lucas Museum of Narrative Art. Photos : Paul Salveson.




Dans le Lucas Museum of Narrative Art, au rez-de-chaussée, deux salles de cinéma au design évanescent portent le nom de deux documentaristes qui ont inspiré George Lucas : Robert Flaherty (en haut) et Slavko Vorkapić (en bas). Et qui ont façonné une partie de "l'architecture onirique" de ce maître du 7è art. ©DR pour les portraits. ©Courtesy Lucas Museum of Narrative Art pour les photos des salles de cinéma prises par Lou Caltabiano et Iwan Baan .
Cet article, réalisé dans le cadre d’un reportage pour le magazine Grands Reportages, a bénéficié du soutien de Los Angeles Tourism (discoverlosangels.com) et de Air Tahiti Nui (fr.airtahitinui.com).